Article de Dominique Poiret publié le 10/11/14 dans Libération

Depuis 2002, le Comité national pour l’éducation artistique (Cnea), présidé par Alain Casabona, l’occupait dans le cadre d’une convention de mécénat signée avec la CHJP, propriétaire du lieu. Il avait d’ailleurs rénové l’endroit; laissé à l’abandon depuis des années, à ses frais. Mais, en 2010, la convention d’occupation s’est arrêtée sans être renouvelée. Commence alors un bras de fer entre le CHJP et Alain Casabona, le CHJP s’employant à expulser du bâtiment le Cnea. Malgré la création d’un comité de soutien (animé par le photographe Lucien Clergue – ami de Pablo Picasso -, l’actrice Charlotte Rampling et le violoniste Didier Lockwood ainsi que Jacques Delors et Michèle Cotta…) les locataires avaient dû quitter les lieux, à cause d’une décision de justice, pour s’installer dans le XVIIe arrondissement.

En mai, la commission régionale du patrimoine et des sites, présidée par le préfet de région, Jean Daubigny, «fait assez exceptionnel», souligne Alain Casabona, vote à l’unanimité «l’inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques» indique à Libération Jean-Pierre Lecoq, maire du VIe arrondissement. Sont concernés les façades de l’hôtel du 5-7, rue des Grands-Augustins (depuis 1926) et les deux derniers étages (où vivait Picasso), ainsi que la toiture et l’escalier, précise-t-il.

Mais il semble que cette issue heureuse n’a en rien modifié les ambitions des propriétaires qui, selon Lecoq, «avaient tenu un discours très dur, très sévère, déniant l’historicité des lieux, déniant également à la commission le droit de statuer». En effet, un permis de construire est arrivé récemment sur le bureau du maire, qui a «aussitôt alerté la ville de Paris». «Je suis confiant, poursuit Jean-Pierre Lecoq, et certain que les architectes des bâtiments de France remettront un avis défavorable.»«Ça fait un an et demi que cela dure. Maintenant, on aimerait que les choses avancent vraiment. Ça suffit. Si l’Etat le veut, qu’il s’en mêle», conclut Alain Casabona.

Dominique POIRET

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