Communiqué de presse CNEA, 9 septembre 2014

Mercredi 10 septembre se déroulera le procès en appel intenté par le Comité National pour l’Education Artistique (CNEA) contre la décision (ordonnance de référé rendue le 3 juillet 2013 par le TGI de Paris) autorisant, à la requête de la Chambre des huissiers de Justice de Paris (CHJP), son expulsion du Grenier des Grands-Augustins. L’association sera représentée par maître Marc Bellanger (Granrut avocats).

Plus que jamais, il semble nécessaire de protéger l’intérêt patrimonial du Grenier des Grands-Augustins. Ce procès contre la toute puissante CHJP illustre la fable du pot de terre et du pot de fer. Et pourtant, le CNEA ne manque pas d’arguments :

Juridiquement, c’est bien un bail qui a permis au comité de réhabiliter les lieux (les travaux de rénovation du Grenier, mais aussi de la cage d’escalier, ont été intégralement pris en charge par le CNEA), afin de leur rendre leur dimension historique et culturelle unique au monde, apportant ainsi une plus-value d’image non négligeable à la CHJP. Ce qui a justifié la décision, prise à l’unanimité le 13 mai 2014 par la Commission régionale du patrimoine et des sites, de classer à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques les deux derniers étages de l’immeuble du 7, rue des Grands-Augustins, à Paris, VIème.

Quant à l’opportunité de cette procédure, il est important de souligner qu’elle vise avant tout à défendre la cause de l’éducation artistique. Il y a lieu de rappeler qu’en une dizaine d’années d’occupation du Grenier, au-delà des très nombreuses manifestations artistiques et culturelles proposées gratuitement au public, ce sont les élèves de centaines d’écoles, collèges, lycées…qui ont pu bénéficier d’ateliers pédagogiques, eux aussi gratuits.

D’autre part, au moment où le patrimoine français fait davantage l’objet de spéculation que de valorisation, sans mentionner son éventuel support à des politiques sociales fédératrices, il est essentiel qu’un lieu où se sont succédés Jean-Louis Barrault (de 1934 à 1936), puis Pablo Picasso (de 1936 à 1955), et où a été créée l’œuvre la plus parlante contre l’intolérance et la guerre – Guernica – soit de nouveau ouvert à tous.

 

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